CHÂLONS-SUR-MARNE pendant l'Occupation allemande par Maurice Pierrat

« Nul ne désirait la guerre, mais tous étaient résolus dans leur coeur à ne pas faiblir devant le grand devoir », écrit Maurice Pierrat. Pourtant, la Première Guerre mondiale fut horrible, sanglante. Comment Maurice Pierrat, dès les premiers jours de l'occupation allemande à Châlons-en-Champagne trouva-t-il le ressort pour prendre minutieusement en note les événements qui ponctuaient la vie quotidienne ? Comment, en pleine guerre, ce jeune homme de 24 ans à peine trouva-t-il le moyen de publier son ouvrage ? Autant de questions auxquelles nous n'avons pas de réponse. Le livre existe, jauni et déchiré au fil des années qui ont passé. Il fallait le sauvegarder de l'oubli. Jeudi 3 septembre 1914 : le maire, l'administration préfectorale et la plupart des fonctionnaires civils ont quitté la ville. Un véritable flot humain part pour l'exil. Tous les magasins sont fermés, les hôpitaux évacués. A 17h30, une détonation retentit : une bombe vient d'être lâchée sur la gare. « Maintenant Châlons est seul, Châlons est désert, Châlons est muet ». Vendredi 4 septembre 1914 : les troupes françaises font sauter le pont des Estacades sur la Marne. La population fuit. Il reste à peine 2000 personnes. La bataille commence entre les éclaireurs allemands et les cuirassiers français. Le général von Seydewitz et ses troupes entrent victorieusement dans la ville. Samedi 5 septembre : le marché couvert est converti en écurie, les magasins fermés sont pillés... |