EMBRUN (Essai historique sur la ville d')
par ABBE A. SAURET

Difficile d'évoquer en quelques lignes l'ouvrage consacré
à la ville d'Embrun, tant l'histoire de cette cité retracée
par l'abbé Sauret y est abondante, les sujets traités
nombreux et importants. Faut-il insister sur la période des
origines, celle des premiers empereurs romains qui donnèrent
à la localité le statut de ville alliée ? Mettre
en valeur l'action missionnaire de saint Nazaire et de saint Celse,
les premiers apôtres des Alpes, le règne des Bourguignons
ou les combats livrés contre les Lombards et les Saxons ? Évoquer
les rapports entre Charlemagne et saint Marcel, glorieux pontife d'Embrun
? Retracer les exactions des Sarrasins qui furent maîtres de
la cité, avant d'être vaincus et chassés par Bérald
de Saxe ? Rappeler les origines des prérogatives temporelles
des archevêques d'Embrun ? Rien n'est anodin dans cette longue
et tumultueuse histoire.
Aussi faut-il insister sur la puissance temporelle des archevêques
d'Embrun, qui commença vraiment à se manifester avec
Guillaume de Champsaur (au début du XIIe siècle), à
qui l'empereur Conrad III accorda les droits les plus étendus
; évoquer la fondation de Barcelonnette (XIIIe siècle)
qui garda toujours des liens privilégiés avec la ville
d'Embrun, parce qu'elle avait été édifiée
sur les terres de Bernard Chabert, son évêque ; ainsi
que la révolte des Embrunais contre Henry de Suze, durement
réprimée, avant l'évolution des « coeurs
et des esprits » qui se détachent de l'Empire et de l'Italie
pour se tourner vers la France (rattachement du Dauphiné à
notre pays, en 1349) ; sans oublier l'hérésie vaudoise,
que Guillaume VII des Bordes s'employa à faire disparaître,
relayé dans son action par saint Vincent Ferrier (vers 1400),
et dont l'épilogue fut le drame de l'Aile Froide et du rocher
de Chapelue, véritable coup de grâce pour les hérétiques
(1491)... |