CHAUNY (LES ANCIENNES RUES DE)
par CHARLES BREARD

Rien n'est plus émouvant qu'une excursion dans les rues du
passé ; surtout quand la ville choisie est Chauny, une localité
à l'histoire riche et tumultueuse, et le guide un historien
et archéologue éprouvé, comme Charles Bréard,
capable de redonner vie à ces « objets inanimés
» - remparts, maisons, bâtiments divers, édifices
et jardins - qui ont « une âme », et aux voies de
communication qui les relient, irriguant ce gigantesque organisme
qu'est une cité en activité. Car l'agglomération
d'hier ne ressemble pas à celle d'aujourd'hui et en marchant
sur les traces de l'auteur de ce livre, nous allons de découvertes
en surprises. En partant de la rue de l'Arc, nous constatons que les
Chaunois pratiquaient le noble sport dès le XIVe siècle
et que la compagnie des archers se faisait précéder
dans toutes ses manifestations publiques par un personnage représentant
Tout le Monde, le vacher légendaire - « solitaire et
rêveur, il gardait les troupeaux » - qui jouissait d'une
grande réputation dans toute la Picardie. Un peu plus loin,
nous nous arrêtons rue de la Burie, qui tire son nom des blanchisseries
de toiles établies dans son voisinage, la petite Burie passant
pour l'une des plus belles de France, tant pour le travail qui s'y
effectuait que pour la beauté de ses bâtiments et de
ses prés. Nous ne pouvons éviter la rue de la Chaussée,
fille du chemin antique venant de Soissons et de Coucy, qui a suivi
les agrandissements de Chauny et qui rencontre plusieurs cours d'eau,
dont l'Oise, qu'elle franchit sur des ponts, traversant ensuite la
manufacture de glaces de Saint-Gobain. La ruelle Flamanguerie nous
rappelle, elle, que notre cité fut une ville de drapiers et
que des Flamands, au XVe siècle, vinrent s'y installer... |