RETHEL. Histoire de la ville depuis son origine
jusqu'à la Révolution
par Emile Jolibois

Archiviste dans l'âme, Émile Jolibois, nommé professeur
à Rethel, se prend d'une véritable passion pour cette
cité déjà dotée à l'époque
d'une tradition industrielle - les premières machines à
filer ont été introduites en 1816 - et il constate assez
vite, en consultant les annales locales, que l'agglomération
ardennaise s'est retrouvée, depuis ses origines, au cour de
tous les grands moments de l'histoire nationale. Décidé
à retracer son passé en se référant aux
documents existants, il privilégie dans sa recherche deux aspects
essentiels : les faits et les personnages importants et « le
développement des institutions communales, depuis l'établissement
du régime féodal jusqu'à la grande époque
de la Révolution ». C'est ainsi qu'apparaissent chronologiquement,
au fil de sa plume, la fameuse « grosse tour », vestige,
jusqu'en 1825, du château féodal d'origine (Xe siècle),
autour duquel la ville s'est constituée ; Bernard, le premier
comte, compagnon du roi Louis d'Outremer (comes regius), et ses successeurs
de la première et deuxième race, Manassès Ier,
II et III, Regnaut, Hugues Ier et Gervais ; l'érection des
prieurés d'Omont, de Novi et de Rethel et la fondation de plusieurs
villages ; la grande figure de Robert de Sorbon qui prend la croix
avec Jean Ier ; le droit commun du Rethelois et « l'état
particulier de la cité », autant d'individualités
et d'événements marquants qui ont tissé le destin
de la ville ardennaise. Les XIVe et XVe siècles, sous les seigneurs
des maisons de Flandre et de Bourgogne, sont rudes et mouvementés
: le comté érigé en pairie est envahi par les
Anglais, les compagnies exercent des ravages après le traité
de Brétigny et la guerre entre Armagnacs et Bourguignons laissent
le pays dans un état misérable, mais les Rethelois se
dotent, en 1443, d'une nouvelle organisation financière pour
renforcer leur sécurité (fortifications et garnison).
Au XVIe siècle, la ville se transforme sensiblement : la morale
publique, la salubrité et la législation des différents
métiers font l'objet de plusieurs édits ; l'église
est restaurée et l'importance militaire de Rethel qui devient
un duché-pairie, se confirme, lors de la guerre entre François
Ier et Charles Quint. Pourtant, les habitants sont souvent les seuls
défenseurs de la cité (milice bourgeoise et arquebusiers).
Bientôt les idées de la Réforme s'imposent intra
muros, mais par la suite, les Rethelois opteront pour l'union catholique... |