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LE « ROC DU SAINT »
et ses légendes (Montluçon) (Extrait d'un récit paru au XIXe siècle)
Il n'en reste certes plus depuis longtemps de ces anciens qui, durant les longues veillées d'hiver, sous les grandes cheminées des chaumières autour desquelles se pressaient les familles assemblées, racontaient cette curieuse et naïve légende, qui n'est pas sans analogie avec celle de la Sarpin voulante des biachets. L'une avait pour théâtre le ruisseau de St-Georges, l'autre celui du Diénat : « Un jour que la fillette du châtelain folâtrait dans les champs, sur les pentes du Diénat, l'éclat des yeux du dragon attira la fillette, qui devint la proie du monstre. « Le lendemain, le sire de Châtelard s'en alla vers le roc qui lui servait de repaire. D'un coeur pur et avec courage, il affronta le dragon, le tua, mais la langue de feu de celui-ci toucha les armes du brave paladin, qui tomba et alla rejoindre sa fille dans l'éternité. « Depuis, le dragon ne siffle plus sur le Roc du Saint ». Voici une autre légende se rattachant aux mêmes lieux : « Pendant son absence, un chevalier noir (le diable) se présenta au castel, où on le reçut. Comme il était blessé, Agnès pansa ses plaies et il guérit. Mais avant de partir, le noir et farouche chevalier demanda au père d'Agnès la « Tandis que tintait l'Angelus du soir, un écuyer croisa la troupe des malandrins. C'était le fiancé qui, à franc-étrier, accourait près de sa belle. Pressentant un malheur, il fonce sur les bandits qu'il décime, reconnaît avec douleur le cadavre d'Agnès et l'ensevelit avec soin. « Inconsolable et comprenant la vanité des choses terrestres, il passa alors le reste de ses jours à prier et pleurer sur la tombe de sa fiancée. Et la tradition rapporte que, depuis sa mort, le rocher qui l'abrita, dans les gorges sauvages du Diénat, fut appelé le Roc du Saint. « Tout en escaladant, comme aux temps passés, le raide côteau aux flancs plantés de vignes, les Montluçonnais en promenade verront peut-être se cabrer quelques pieds fourchus ou poindre une tête cornue au long d'un buisson. « Que les timorés se rassurent. Ces attributs ne seront pas ceux de Satan, mais de quelque paisible chièbe, ou ceux du fameux boucan de Châtelard, passé, lui aussi, dans l'histoire. |
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