Points de repère Histoire de France Dates et événements importants de notre Histoire
Points de repère de l'Histoire de France. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et importants de notre Histoire. Pour retrouver, classés par date, les faits historiques notoires. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l'Histoire.
Dates historiques principales

 

1715
Mort de Louis XIV. — A ce moment, la France est complètement épuisée par les guerres incessantes qu'elle a soutenues ; les conséquences du terrible hiver de 1709 pèsent encore sur l'agriculture et le commerce ; la France a perdu une grande partie de ses colonies, ; l'industrie a été arrêtée dans son essor par la révocation de l'Edit de Nantes ; le trésor public est vide. Ce règne pourtant a été glorieux, et fécond pour la civilisation, par le grand nombre de savants, d'écrivains et d'artistes qui l'ont illustré ; il fut grand pour la France par le prestige qu'il donna à notre nation, et par les acquisitions territoriales qui étendirent ses limites.
— La Régence. — Le trône de France revenait à Louis XV qui était fils du duc de Bourgogne et par conséquent arrière-petit-fils de Louis XIV, mais ce prince n'était encore âgé que de cinq ans. Louis XIV avait prévu par son testament la composition du Conseil de régence qui devrait gouverner en attendant la majorité de Louis XV. Mais le neveu de Louis XIV, Philippe, duc d'Orléans, intervint; il fit casser le testament de Louis XIV par le Parlement, qui lui déféra la régence sans conditions. On ne désigne générale-ment ce personnage que sous le nom de Régent : de même, la période pendant laquelle il a gouverné est la seule de notre histoire à laquelle on donne couramment le nom de Régence sans autre désignation.
Le duc d'Orléans était d'une intelligence supérieure, et connu pour sa bravoure : mais la légèreté de son esprit, son amour du plaisir et sa faiblesse de caractère furent la cause de grands malheurs pour la France. Le Régent s'adjoignit le cardinal Dubois comme premier ministre.

1716
Création de la banque de Law. — L'Écossais Law, habile financier, crut qu'il pourrait rétablir la situation financière de la France au moyen de la circulation d'une sorte de papier-monnaie. La banque fondée par Law avec l'autorisation du Régent était au capital de 6 millions, divisé en 1 200 actions ; elle émettait des billets payables à vue en espèces invariables de poids et de titre (ce qui était appréciable, sur-tout à cette époque où les monnaies étaient fréquemment altérées par l'État). De plus, la banque escomptait à taux modéré, et par-là était utile au commerce. La banque fut déclarée Banque royale en 1718.

1717
Création de la Compagnie Commerciale pour exploiter les richesses naturelles du Mississipi et qui, ayant absorbé les autres compagnies, devient la Compagnie des Indes. — Séjour à Paris de Pierre Ier, tsar de Russie (Pierre le Grand).

1717-1720
Quadruple alliance (entre France, Angleterre, Hollande, Autriche) formée par le cardinal Dubois, pour tenir en respect le roi d'Espagne Philippe V, lequel avait comploté par le moyen de son ambassadeur Cellamare, avec la duchesse du Maine (Conspiration de Cellamare), d'enlever la régence au duc d'Orléans et de se faire rendre les territoires que le traité d'Utrecht lui avait enlevés. Une armée française entra en Espagne, et Philippe V effrayé demanda la paix.

1720
1720 Le système de Law, pratiqué sans ménagement, avait d'abord favorisé un immense développement des affaires ; mais les émissions de papier se succédèrent, sans être dès lors garanties par quoi que ce fût, et lorsque les porteurs des dix milliards de papier émis voulurent réaliser, on s'aperçut que tout le numéraire qui existait alors en France ne dépassait pas un milliard. De là une banqueroute sans précédent. Law dut s'enfuir pour n'être pas lapidé.
1720 Peste de Marseille. — Dans cette ville et en Provence, plus de 85000 personnes périrent, victimes du fléau. A cette occasion l'évêque de Marseille, Belzunce et le magistrat municipal Rose, ainsi que de nombreux échevins, firent preuve d'un dévouement héroïque.

1723
Majorité de Louis XV. — Il prend les rênes du gouvernement. — Mort du cardinal Dubois et du duc d'Orléans. Le nouveau roi prit pour premier ministre le duc de Bourbon, petit-fils du grand Condé. Le premier acte de celui-ci fut de répudier la politique de Louis XIV à l'égard de l'Espagne, en froissant cette puissance. En effet, il renvoya à la Cour d'Espagne une infante espagnole qui était élevée à la Cour de France et qui était fiancée à Louis XV, rompant ainsi l'union projetée, dans le but de faire épouser au jeune roi une personne qui ne dût qu'à lui-même son élévation et sa fortune. Il avait arrêté son choix sur la fille de Stanislas Leczinski, roi détrôné de Pologne fixé en France, qu'il fit en effet épouser à Louis XV (1725). Marie Leczinska, née en 1703, plus âgée par conséquent de sept ans que Louis XV, eut de ce dernier dix enfants, dont deux garçons.

1726
Le cardinal Fleury, ancien précepteur du roi, devient premier ministre, à l'âge de 73 ans, et conservera jusqu'à 81 ans cette charge, dans laquelle il rendit de grands services par son bon sens, son honnêteté, sa bonne entente des affaires. Il ne put cependant éviter la guerre, qui eut lieu deux fois pendant son ministère.

1733-1735
Guerre de la succession de Pologne. Par suite de la mort du roi de ce pays, Auguste II, le trône fut réclamé par Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV, sur lequel se portèrent en effet les suffrages de la noblesse polonaise. Mais l'Autriche et la Russie avaient des raisons pour préférer Auguste de Saxe et soutenir sa candidature. Stanislas, qui avait cru pou-voir prendre possession de la couronne, vit se dresser contre lui ces redoutables ennemis : enfermé dans Dantzig, il fut assiégé par les Russes. Le cardinal Fleury envoya un secours de 1 500 hommes. Le chef de cette petite troupe ne pouvant affronter les assiégeants la ramenait sans avoir combattu lorsque le comte de Plélo, ambassadeur de France au Danemark, en prit le commandement, la ramena sous Dantzig et y livra une bataille où elle fut presque anéantie et où lui-même fut tué. — Fleury, pour venger cet échec, ne pouvant atteindre la Russie, attaqua l'Autriche. En vertu d'une entente avec l'Espagne à qui il promit le royaume de Naples, et la Maison de Savoie qui devait recevoir le Milanais, il envoya une armée en Italie sous les ordres de Villars, qui mourut dès le début de l'offensive, à Turin. Le maréchal de Coigny le rem-plaça, remporta les victoires de Parme et de Guastalla (1734) qui le rendirent maître du Milanais, pendant que les Espagnols (général de Montemar), à la suite de leur victoire de Bilonto, occupaient le royaume de Naples. Les hostilités, du fait de cette guerre, étaient ter-minées en 1735, mais la paix ne fut signée qu'en 1738.

1738
Le traité de Vienne, signé cette année-là, mit fin à la guerre de la succession de Pologne. Auguste III de Saxe était reconnu roi de ce pays. Stanislas Leczinski, en dédommagement de son trône perdu, était fait duc de Lorraine ; la Lorraine et le Barrois, érigés à cette occasion en royaume devaient, à sa mort, faire retour à la France : il mourut en 1766. Don Carlos, deuxième fils de Philippe V, recevait le royaume des Deux-Siciles, fondant ainsi la maison des Bourbons de Naples.

1741-1748
Guerre de la succession d'Autriche. — L'empereur d'Allemagne Charles VI laissait ses biens héréditaires à sa fille Marie-Thérèse, mais les droits de cette princesse furent contestés par les rois de Pologne, de Prusse et d'Espagne et le duc de Bavière. Les prétentions de ce dernier étaient soutenues par Louis XV. L'Angleterre, la Hollande et la Russie prirent le parti de Marie-Thérèse. Il s'ensuivit une guerre dans laquelle nos armées s'illustrèrent, d'ailleurs sans profit ; en voici les principaux faits.

1741
Invasion de la Bohême par les Français ; siège et prise de Prague, puis les Français, commandés par Chevert, sont contraints d'abandonner la ville.

1745
Victoire des Français, commandés par Maurice de Saxe, à Fontenoy, sur les Anglo-Hollandais. — Entrée des Français à Bruxelles (1746).

1746
Prise de Namur, par les Français, et leur victoire à Raucoux sur les Anglo-Impériaux.

1747
Victoire des Français, à Lawfeld sur les Anglo-Hollandais et prise par eux de la ville de Berg-op-Zoom.

1748
Traité d'Aix-la-Chapelle qui met fin à cette guerre. Les droits de Marie-Thérèse sont reconnus et son époux, François de Lorraine, est proclamé empereur d'Allemagne. Frédéric II, par deux fois, s'était retiré de la lutte, laissant ses alliés dans l'embarras et compromettant la cause commune ; cependant il se voit attribuer la Silésie que d'ailleurs ses soldats avaient conquise, ce qui commença la fortune du royaume de Prusse. Louis XV n'ayant rien demandé se retire de la guerre qu'il a gagnée sans aucune compensation : « Nous ne faisons pas la guerre, dit-il, en marchand, mais en roi. »
Le cardinal Fleury mourut au cours de cette guerre, en 1743. — L'Esprit des Lois, de Montesquieu.

1741-1753
La puissance de la France dans l'Inde se développa, atteignit son apogée et commença à décliner pendant la guerre de la succession d'Autriche. Les Français avaient depuis longtemps (xvie siècle) des établissements de commerce dans cette contrée, mais on n'en envisagea sérieusement l'organisation que lorsque la Compagnie des Indes engloba, en 1719, toutes les autres compagnies françaises qui y avaient des intérêts. Dupleix et La Bourdonnais firent la conquête d'une partie de la péninsule et s'y couvrirent de gloire ; malheureusement, de graves dissentiments éclatèrent entre eux. Dupleix fut rappelé.

1755
Lally-Tollendal continua la lutte, mais avec peu de ressources, et sans succès, les Anglais nous chassèrent de toutes nos positions et restèrent maîtres de territoires immenses.

1756-1763
Guerre de Sept ans. — La prospérité de notre marine marchande et les succès de Dupleix et de La Bourdonnais dans l'Inde avaient alarmé l'Angleterre, qui appréhenda de voir le commerce de la France concurrencer victorieusement le sien. Les Anglais se livrèrent, sans provocation de nos nationaux, à de véritables actes de piraterie : en 1755 et 1756, ils saisirent, dans différents ports, trois cents vaisseaux de commerce et deux grands bâtiments de guerre, et un diplomate français fut assassiné.
Louis XV leur déclara la guerre. Aussitôt une expédition française, sous les ordres du duc de Richelieu, débarqua à Minorque (possession anglaise) et enleva la citadelle de Port-Mahon (1756).
En cette même année, Louis XV, à l'instigation de sa funeste favorite, la marquise de Pompadour, fit alliance avec l'Autriche contre la Prusse (qui avait été notre alliée royalement récompensée dans la précédente guerre). C'était la donner pour alliée aux Anglais et compromettre toutes les chances que nous avions d'en venir à bout. On doit retenir, durant cette guerre, les faits suivants :

1757
Victoires des Français : dans le nord de l'Allemagne, sur les Anglais, en Hanovre, à Hastembeck (maréchal d'Estrées) et à Closter Seven (maréchal de Richelieu). Les Prussiens (Frédéric II) firent face d'abord avec succès aux Autrichiens alliés avec les Russes, puis ils se retournèrent contre nous et battirent notre général, l'incapable Soubise, à Rosbach.
Attentat de Damiens contre la vie de Louis XV, qu'il frappe d'un couteau. Il est condamné au supplice de la roue.

1758-1759
Les Français (prince de Clermont) sont de nouveau battus à Crevelt (par le duc de Brunschwig) et un peu plus tard (maréchal de Contades) à Minden. Entre temps, le duc de Broglie (Français) avait remporté la victoire de Bergen.


 
 

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