Points de repère Histoire de France Dates et événements importants de notre Histoire
Points de repère de l'Histoire de France. Précis chronologique abrégé consignant les événements marquants et importants de notre Histoire. Pour retrouver, classés par date, les faits historiques notoires. Toutes les dates principales nécessaires à une bonne compréhension de l'Histoire.
Dates historiques principales

 

1431-1435
Charles VII n'avait tenté que peu d'efforts pour sauver celle à qui il devait d'avoir pu recouvrer une grande partie de son royaume. Cependant, la mort de l'héroïne provoqua une réaction favorable dans les esprits. Le roi se mit sérieusement au travail ; tandis que ses capitaines continuaient à batailler contre les Anglais et les Bourguignons, il réorganisait le pays et entamait des négociations avec le duc de Bourgogne en vue d'une réconciliation avec celui-ci.

1435
Paix d'Arras. — Au prix de concessions territoriales importantes, Charles VII réussit à détacher le duc de Bourgogne de ses alliés les Anglais, il abandonnait à Philippe le Bon les comtés de Mâcon et d'Auxerre, ainsi que quelques villes de la Somme : Abbeville, Amiens, Corbie, Péronne et Saint-Quentin que, d'ailleurs, il se réservait la faculté de racheter ; mais ce sacrifice mettait fin à la lutte entre Armagnacs et Bourguignons.

1436
Cependant Paris était toujours occupé par les Anglais. Les notables se concertèrent pour mettre fin à la domination étrangère. Dans ce but, à l'instigation de l'un d'eux, Michel Laillier, ils ouvrirent clandestinement les portes au connétable de Richemond qui reprit promptement possession de la ville. La garnison anglaise se retira dans la Bastille, d'où il lui fut permis plus tard de sortir sans dommage pour quitter la capitale.

1437
Charles VII fait solennellement son entrée à Paris, mais ne s'y fixe pas.

1438
Une violente épidémie de peste désole Paris et une partie de la France. — Le concile de Bourges édicte la Pragmatique Sanction qui règle les rapports du clergé de France avec le Saint-Siège et établit l'Église gallicane.

1439
Il s'était formé un peu partout des bandes de malfaiteurs, hommes de guerre renvoyés sans solde, mercenaires étrangers sans emploi, gens sans aveu de toute sorte qui, sous le nom d'Écorcheurs, ravageaient la France. Charles VII convoqua en 1439 les États généraux à Orléans et obtint d'eux, sous le nom de taille permanente, les fonds nécessaires pour la création de troupes permanentes qui devaient rétablir partout l'ordre et la sécurité. La création de cette force royale inquiéta les seigneurs, qui y virent (non sans raison) un instrument à l'aide duquel la monarchie pourrait les dépouiller de leurs privilèges féodaux ; ils se révoltèrent contre le roi : ce mouvement fut appelé la Praguerie parce qu'il coïncidait avec une manifestation analogue qui avait lieu en Bohême ; Charles VII en vint à bout facilement.
Charles VII conclut une trêve avec l'Angleterre et en profita pour persuader les Écorcheurs d'aller se battre pour le compte d'autres princes en Lorraine et en Suisse : il en enrôla cependant un certain nombre des plus braves dans ses troupes de récente création.

1445
Création des Compagnies d'ordonnance (15 de 600 hommes à cheval) qui furent le noyau de la cavalerie française.

1448
Création de l'infanterie régulière française dont les premières unités sont les francs-archers. Perfectionnement et extension de l'artillerie, sous la direction des frères Bureau. Les bombardes du temps de Crécy font place à de véritables canons. — Réorganisation des finances sous la direction de Jacques Coeur, qui mit sa grande fortune personnelle à la disposition du roi pour lui permettre de réaliser ses projets.

1449-1450
Grâce à ces mesures, Charles VII put reprendre sur une grande échelle la lutte contre les Anglais qui possédaient toujours la Normandie et la Guyenne. La Normandie leur fut d'abord reprise. Rouen ouvrit ses portes et les Anglais furent chassés peu à peu de la province ; ayant tenté de débarquer une armée à Cher-bourg pour s'opposer aux progrès de Charles VII, ils subirent à Formigny une défaite qui débarrassa d'eux définitivement la Normandie (1450). Le roi d'Angle-terre ne conservait dans cette région que les îles dites anglo-normandes qui depuis lors sont restées anglaises.

1451-1453
Pendant que se passaient ces événements, un général de Charles VII, le comte de Dunois, avait entrepris la conquête de la Guyenne ; en 1451 il entrait à Bordeaux et en chassait les Anglais. Les habitants, dont cette victoire menaçait les intérêts commerciaux, se soulevèrent contre les Français, et les Anglais cherchèrent à exploiter ce mouvement pour rétablir leur domination dans la contrée, mais ils furent battus à Castillon en 1453 et abandonnèrent pour toujours le sol français. Les Anglais ne possédaient plus en France que la ville de Calais. Ces faits marquent la fin de la guerre de Cent ans.

1453
En cette année se produit un événement capital dans l'histoire du monde. La prise de Constantinople par les Turcs précipite l'effondrement de l'empire d'Orient ou Bas-Empire, et marque la fin du Moyen Âge et le commencement des temps modernes.

1453-1461
Les dernières années du règne virent s'accomplir encore d'autres réformes et créations utiles. Charles VIl crée le Parlement de Toulouse et celui de Grenoble et fait commencer la rédaction des diverses Coutumes qui régissaient la vie civile.
On doit reprocher à ce souverain son ingratitude envers Jacques Cœur qui avait restauré et administré sagement les finances du royaume, et qui avait puissamment aidé de ses deniers au relèvement de la monarchie et du pays. Le grand argentier fut sacrifié à ses ennemis, ses biens furent confisqués et il alla mourir en exil.
La favorite de Charles VII, Agnès Sorel, dame de Beauté (nom d'une seigneurie qu'elle possédait) née en 1422 (morte en 1450) fut mêlée de très près aux affaires de la monarchie, mais elle eut sur l'esprit du roi et sur la marche des événements une heureuse influence. Au contraire, le dauphin Louis (plus tard Louis XI) fut pour Charles VII son père un ennemi infatigable. Né en 1423 (fils de Marie d'Anjou), il s'était dès 1440 joint à la Praguerie. En 1455, il fomenta une nouvelle révolte contre Charles VII: celui-ci châtia rudement les révoltés et le dauphin dut chercher un refuge auprès du duc de Bourgogne (1456). Ces derniers événements altérèrent la santé de Charles VII qui d'ailleurs vivait dans la crainte continuelle d'être empoisonné à l'instigation du dauphin ; il mourut en 1481.
Le règne de Charles VII a vu la France réduite à la dernière extrémité, puis sauvée par une intervention miraculeuse et finalement relevée de ses ruines. On peut reprocher à Charles VII son indolence, sa négligence de ses devoirs pendant ses premières années de règne ; mais on doit reconnaître que, par la suite, il fit preuve d'énergie et de grands talents d'administrateur. Malheureusement, l'ingratitude dont il fit preuve en-vers Jeanne d'Arc et Jacques Cœur a jeté une ombre défavorable sur sa mémoire. Les circonstances de son règne lui ont fait donner par les historiens les surnoms de l'Indolent, puis le Bien-Servi, puis le Victorieux.

1456
Mort de Jacques Coeur.

1461
Avènement de Louis XI (né en 1423, fils du précédent et de Marie d'Anjou). — Il a épousé, étant encore dauphin, Marguerite d'Écosse (née en 1424). Il monte sur le trône dans des conditions de sécurité que n'ont pas connues beaucoup de ses prédécesseurs. La monarchie est affermie, la grande féodalité très ébranlée, les finances sont mieux réglées, une armée permanente permet au roi d'imposer ses décisions ; enfin des institutions administratives et judiciaires assurent un certain ordre dans le pays. Mais Louis XI n'entend pas suivre toutes les voies ouvertes par Char-les VII ; à peine sacré à Reims, il entame avec le Saint-Siège des négociations en vue de l'abandon de la Pragmatique Sanction.

1464
Il ne cache pas d'autre part son intention de poursuivre la lutte contre les derniers représentants de la féodalité. — Formation de la Ligue du Bien public, entre les grands seigneurs féodaux (ducs de Bourgogne, de Nemours, de Bourbon, de Bretagne et comte d'Armagnac) contre Louis XI, qui les a tous mécontentés et surtout alarmés par quelques réformes précipitées, ainsi que par l'annonce de ses projets de leur abaissement. Bien que l'intérêt de ces princes soit entièrement opposé à celui de la population, ils n'hésitent pas à qualifier leur alliance Ligue du Bien public.

1465
Les coalisés marchent sur la capitale. Louis XI va au-devant d'eux avec l'armée royale. Une bataille se livre le 16 juillet à Montlhéry, mais elle reste indécise. Louis XI se hâte de rentrer dans Paris et de le mettre en état de défense; pour s'assurer la bienveillance des bourgeois, il leur rend leurs privilèges et pendant ce temps, il noue des négociations avec les chefs de la ligue. Ces démarches réussissent à les désunir. Il fait alors avec eux les traités de Conflans et de Saint-Maur par lesquels la ligue est dissoute. Il cède la Normandie à son frère (duc de Berry). Mais il est bien résolu à n'exécuter aucune des clauses qu'il vient de signer. — Mort du poète Charles d'Orléans.

1467
Mort du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Son fils Charles le Téméraire lui succède. Gand et Liège se révoltent contre lui et Louis XI leur donne clandestinement son appui. A l'intérieur, Louis XI déclare les offices inamovibles et organise militairement les corps de métiers de Paris. Cependant, les traités qu'il a signés ne s'exécutant pas, une deuxième ligue se forme contre lui, cette fois entre Charles le Téméraire, son beau-frère, Edouard IV d'Angleterre et le duc de Bretagne. Louis XI fait tête d'abord contre ce der-nier; il lui inflige une défaite et lui impose le traité d'Ancenis. Puis il se retourne vers les deux autres, mais n'étant pas suffisamment fort pour les attaquer, il cherche à agir de ruse contre le duc de Bourgogne.

1468
Louis XI fait déclarer par les États généraux réunis à Tours, la Normandie inaliénable, comme faisant partie du domaine de la couronne : elle ne pourra donc être attribuée à son frère ; après quoi il sollicite une entrevue avec Charles le Téméraire à Péronne, où devront être débattues et, promet-il sans doute, résolues les questions qui les divisent. Mais en même temps, afin de créer à Charles des embarras qui le rendront de composition plus facile, il pousse les Liégeois à une nouvelle révolte, cette fois contre leur évêque, parent de Charles, qu'ils chassent de son siège. Charles apprend cette traîtrise et retient Louis prisonnier dans le château de Péronne. Louis XI, cependant, désarme son redoutable adversaire par sa soumission affectée, et consent à signer le traité qu'il lui impose. Aux termes de ce traité, dit de Péronne, le frère de Louis XI (qui est l'allié du Téméraire et qui a été frustré de la Normandie) recevra les provinces de Champagne et de Brie (qui relient les possessions du duc de Bourgogne en Bourgogne et en Flandre) et Louis XI devra assister à la campagne contre les Liégeois. A cette occasion, Louis détache du service du duc, par ses promesses et sa duplicité, le célèbre Philippe de Commines, qui après avoir été le meilleur conseiller de Charles le Téméraire sera l'ami, le confident et l'historiographe du roi de France. Après quoi, Louis part avec Charles contre les villes flamandes dont ses intrigues ont provoqué la révolte, et assiste au sac de Liège par les Bourguignons.
Une fois rentré à Paris, Louis s'efforce de ne pas tenir les engagements qu'il vient de prendre; il commence par attribuer à son frère la Guyenne au lieu de la Champagne qui lui a été promise par traité, mais qui, à son gré, est trop voisine de Paris pour être possédée par un seigneur aussi turbulent et qui, d'ailleurs, reste l'allié du duc de Bourgogne. — Louis XI fait enfermer dans une cage de fer son conseiller, le cardinal La Ba-lue, qu'il accuse de l'avoir trahi.


 
 

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