Histoire départements, département de France Départements, département. Aspects historiques
Une rubrique pour partir à la découverte de l'histoire des départements français. Un voyage dans le temps retraçant les événements qui ont forgé l'histoire de chaque département, dévoilant leur origine, leur évolution, leurs industries, les personnages historiques emblématiques.
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Histoire du département de l'Yonne (Partie 1/2)
(Région Bourgogne)

Dans la division de la France en départements, celui de l'Yonne fut surtout formé de deux petites provinces, le Sénonais et l'Auxerrois, qui faisaient partie, l'un de la première Champagne, et l'autre de la Bourgogne. Les Romains trouvèrent la contrée habitée par les Senones peuple puissant de la confédération gauloise ; leur capitale était Agedincum : son nom actuel, Sens, rappelle celui de ses fondateurs.

Le pays des Senones fut compris dans la quatrième Lyonnaise, qui lui emprunta sa désignation particulière de Senonie. De 408 à 410, les Burgondes ou Bourguignons vinrent disputer et enlever aux Romains leur conquête ; la Sénonie fut incorporée au nouveau royaume de Bourgogne, et, comme pour constater l'origine des nouveaux maîtres, dès les premiers temps de l'établissement du christianisme, l'archevêque de Sens prenait le titre de primat des Gaules et de Germanie.

Les Francs succédèrent aux Bourguignons ; Clotaire, en 558, réunissait la Bourgogne au vaste héritage de Clovis. A sa mort, le partage de ses États amena la reconstitution d'un royaume de Bourgogne, que les premiers Carlovingiens réunirent encore à la couronne de France.

Sous les descendants de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, le morcellement de la France et l'affaiblissement de la monarchie donnèrent au duché de Bourgogne une existence à peu près indépendante, mais dénuée d'intérêt historique jusqu'à l'avènement des Capétiens.

Robert le Fort, dont les exploits préparaient à ses neveux le, chemin du trône, vint aider les Bourguignons de l'Yonne à repousser les Normands. C'était alors le titre principal à la reconnaissance des populations ; le duc Raoul avait dû à des services pareils de pouvoir impunément se faire proclamer roi de France ; il était mort à Auxerre, en 936, sans laisser d'héritier direct. Son frère puîné, Hugues le Noir, qui lui succéda, mourut aussi sans postérité, ainsi que Giselbert, successeur des deux princes, comme époux de leur soeur Ermengarde. Hugues le Grand, petit-fils de Robert le Fort, et qui avait épousé une autre soeur de Raoul et de Hugues le Noir, devint donc à la fois duc de Bourgogne, duc de France et comte de Paris.

Le sentiment de l'unité monarchique était alors si peu dans les esprits, que cette occasion précieuse de concentrer dans les mêmes mains les principales provinces du royaume fut encore perdue. Othon, second fils de Hugues Capet, fut duc de Bourgogne, et après lui, à défaut d'enfants son frère Henri. La femme de ce dernier prince, Gerberge, voulut lui donner pour successeur un fils qu'elle avait eu d'un premier mariage, Othon Guillaume, et qui ne tenait par aucun lien de parenté à la famille des Capets.

Le roi Robert le Pieux réclama contre cette usurpation ; il trouva dans la province une redoutable hostilité à la légitimité de ses droits ; il tenta de reconquérir par les armes l'héritage qui lui était contesté ; il assiégea vainement Auxerre ; repoussé par Landry, il dut accepter l'arbitrage d'un concile convoqué à Airy en 1015. Pour donner plus de solennité à la réunion, on y transporta les châsses des saints de Montier-en-Der, de Saint-Pierre-le-Vif et de Châtillon-sur-Seine.

La sentence abandonna à Othon-Guillaume la Bourgogne d'outre-Saône ; la contrée d'Yonne fut adjugée à Robert. Il se hâta d'investir du duché, limité conformément à l'arrêt, son second fils Henri. Celui-ci, étant devenu roi de France par la mort de son frère, transmit à son tour l'apanage à son autre frère Robert, « pour qu'il le tint en pleine propriété et souveraineté, sauf foi et hommage au roi, et le fit passer à ses héritiers. » C'est ce Robert qui fut la tige de la première race royale des ducs de Bourgogne. Cette dynastie dura de 1033 à 1361 et s'éteignit dans la personne de Philippe de Rouvres, qui mourut à quatorze ans avant d'avoir été marié.

Pendant cette période, la maison de Bourgogne conserva à l'égard des rois de France une attitude respectueuse et dévouée, nous voyons les ducs de cette branche assister comme premiers pairs du royaume au sacre des souverains, les assister dans les guerres de l'intérieur et du dehors, les accompagner en terre sainte, pendant les croisades, et occuper avec fidélité et dignité les plus hautes fonctions de l'État. Leurs efforts sont constamment dirigés vers l'agrandissement de leurs domaines ; mais ils poursuivent généralement leur but par des moyens honorables et pacifiques.

Outre le démembrement qu'avait opéré la sentence du concile d'Airy, un comté de Bourgogne avait été constitué en grande partie avec la Franche-Comté, des fiefs nombreux et importants avaient été détachés à divers titres du duché proprement dit ; c'est à la récupération de ces pertes que les ducs travaillèrent et souvent avec succès ; c'est ainsi que Hugues III acquit de l'évêque de Langres, par échange, des terres que le prélat possédait enclavées dans le Dijonnais.

Hugues VI acheta le comté d'Auxonne à un autre Hugues, comte de Bourgogne ; Semur-en-Auxois lui revint comme fief de son duché, la race des seigneurs étant éteinte ; il obtint encore du comte Jean de Châlon, par échange et cession, le comté de Charolais et Châlon-sur-Saône. Si nous ajoutons à ces conquêtes l'annexion des villes de Beaune, d'Avallon, du Briennois, des deux Semur et du pays de la montagne, dont la capitale est Châtillon-sur-Seine, on trouvera que le duché avait repris d'imposantes proportions.

L'émancipation des communes, crise si orageuse ailleurs, s'était accomplie sans grands déchirements. La constitution politique de la province, basée sur la représentation, dans les états de Bourgogne, de la noblesse, du clergé et du tiers état, fonctionnait sans confusion et sans violences.

C'est dans ces favorables conditions que le duché fit une fois encore retour à la couronne par la mort du jeune Philippe, dernier de sa race. Le roi Jean, accepté comme héritier par les états, avait à peine recueilli la succession, qu'il la transmit à soli quatrième fils, Philippe le Hardi. De l'investiture de Philippe en 1364 à la mort de Charles le Téméraire, arrivée en 1477, il ne s'écoula qu'un siècle, mais, pendant ce temps, combien de désastres, quelles affreuses calamités causa à la France, à la patrie commune, déchirée et trahie, cette seconde dynastie des ducs de Bourgogne !

Il ne faut pas chercher leur histoire dans le département de l'Yonne, elle est dans la Guyenne et dans les Flandres, sous les murs mêmes de Paris, partout où il y a une blessure à faire à la France. La Providence donna à la monarchie un champion digne de ses adversaires. Louis XI s'empara de l'héritage de Charles le Téméraire, ne laissant à sa fille Marie que le comté de Bourgogne.

:: Histoire de l'Yonne - Partie 2/2


 

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