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Quelques événements du 16 JANVIER
16 janvier 69
Assassinat de l'empereur Galba. Sulpitius Galba, de la famille des Sulpices, féconde en grands hommes, fut d'abord gouverneur de l'Espagne tarragonaise. Au rapport de Suétone, il y rendit un jugement qui marque assez d'intelligence, et qu'on pourrait comparer à celui de Salomon. Deux citoyens se disputaient devant lui la possession d'un cheval ; les témoins produits de part et d'autre, ne s'accordaient pas. Galba ordonna que l'animal soit conduit à son abreuvoir ordinaire, les yeux bandés, qu'ensuite on lui ôte son bandeau, et qu'il appartiendra à celui des deux citoyens chez qui il retournera de lui-même. Malgré tous les soins que prenait Galba, pour ne donner aucun ombrage à Néron, il lui devint suspect, et son arrêt de mort fut prononcé. Galba n'eut d'autre ressource que de se faire proclamer empereur, et il fut reconnu en cette qualité dans toute la Gaule. « Cet empereur, dit Mabli, dévoila un secret funeste aux Romains et funeste à lui-même, en leur apprenant qu'un empereur pouvait être élu hors de Rome. » Avant de monter sur le trône, Galba avait promis de grandes sommes aux soldats prétoriens, mais il les refusa, dès qu'il y fut monté : « Un empereur, leur dit-il fièrement, doit choisir ses soldats, et non les acheter. » Les soldats irrité de cette réponse, proclamèrent Othon, et assassinèrent Galba.
16 janvier 1368
Assassinat de Pierre Ier, roi de Chypre. De la famille des Lusignan, Pierre avait fait enlever par son fils deux chiens de chasse au chevalier Henri Giblet, ce qui occasionna une querelle entre le fils de Giblet et le jeune prince. Le roi prenant le parti de son fils, se vengea, non seulement sur le jeune Giblet, mais encore sur sa soeur. Il leur fit tous deux souffrir un indigne traitement. Les principaux de la noblesse, outrés d'indignation, pénétrèrent pendant la nuit dans l'appartement du roi et l'assassinèrent de cinquante coups de poignard, dans son lit, à côté de la reine. Leur fureur ne se termina point là. Après sa mort, ils mirent sur sa tête une couronne de parchemin, un sceptre de même matière dans ses mains, l'habillèrent d'un habit tout troué, le chaussèrent de vieux souliers tout crottés, et le portèrent en cet état à Sainte-Sophie de Nicosie, et de là aux Dominicains, sépulture ordinaire des rois de Chypre.
16 janvier 1518
Mort du maréchal de Trivulce, seigneur milanais, qui commanda les armées françaises avec beaucoup de distinction sous François Ier et Louis XII. Il s'était trouvé à dix-huit batailles rangées, notamment à celle de Marignan, qu'il appelait une bataille de géants. Louis XII, avant de porter la guerre en Italie, lui ayant demandé ce qu'il fallait pour la faire avec succès : « Trois choses sont absolument nécessaires, répondit Trivulce ; 1. de l'argent ; 2. de l'argent ; 3. de l'argent. »
16 janvier 1589
Bussy-le-Clerc traîne le parlement à la Bastille. D'abord maître en fait d'armes, puis procureur au parlement, il fut le plus insolent et le plus fanatique de la faction des seize, dans le temps de la Ligue et su siège de Paris, sous Henri IV. « Je n'ai qu'un enfant, disait-il, mais je le mangerais plutôt à belles dents que de me rendre. » Le duc de Guise l'avait fait gouverneur de la Bastille. Sur le refus du parlement d'autoriser les fureurs de la Ligue, Bussy-le-Clerc se transporta à la grand'chambre, suivi de cinquante satellites, et, le pistolet à la main, il ordonna au premier président de Harlai, aux présidents de Thou et Pothier de le suivre. Il alla ainsi de chambre en chambre, se saisir des magistrats qu'il soupçonnait être attachés au roi ; tous furent conduits à la Bastille, où Bussy les fit traiter avec la plus grande dureté, les faisant jeûner au pain et à l'eau, ce qui le fit surnommer le grand pénitentier du parlement. Il créa ensuite un parlement nouveau, ou plutôt il obligea les magistrats qui restaient, à continuer leurs fonctions après avoir fait serment à la Ligue. L'audience fut tenue le lendemain par le président Barnabé Brisson qui, voulant se ménager entre les deux partis, protesta en secret, devant deux notaires, qu'il cédait à la violence.
16 janvier 1666
La France, alliée de la Hollande, déclare la guerre à l'Angleterre.
16 janvier 1687
Mort d'Olivier Patru. Avocat au parlement de Paris, membre de l'académie française, il contribua beaucoup à régler, à épurer le langage ; et quoiqu'il ne passât point pour un avocat profond, on lui dut néanmoins l'ordre, la clarté, la bienséance, l'élégance du discours, mérites absolument inconnus avant lui au barreau. Bossuet l'étant allé voir dans sa dernière maladie, lui dit : « On vous a regardé jusqu'ici, monsieur, comme un esprit fort ; songez à détromper le public par des discours sincères et religieux. - Il vaut mieux que je me taise, répondit Patru ; on ne parle dans ces derniers moments que par faiblesse ou par vanité. » « Patru, dit Vigneul-Marville, ne passait pas pour un jurisconsulte, ni pour un avocat utile aux autres, ni à lui-même. Auzonet, Petit-Pied, avec leur vieux style, remportaient tous les écus du palais, tandis que Patru, avec son élégance, n'y gagnait pas de quoi avoir de bonne soupe. » Patru ayant été obligé de vendre sa bibliothèque, Boileau, son ami, la lui acheta, et eut la générosité de lui en laisser la jouissance. Ce bienfait ne fit que resserrer davantage leur amitié.
16 janvier 1701
Promulgation d'un décret portant que, désormais, le recrutement dans l'armée se fera par tirage au sort.
16 janvier 1778
La France reconnaît l'indépendance des Etats-Unis.
16 janvier 1793
Louis XVI est condamné à une voix. Le soir de ce 16 janvier 1793, une brume glaciale enveloppe Paris. A la lumière des quinquets, la Convention juge le roi, et chaque député monte à la tribune pour répondre à cette terrible question : « Quelle peine doit-on infliger à Louis ? » Toute la nuit, le défilé se poursuit. L'aube naît... Une seconde journée commence. Certains députés comptent les votes, d'autres dorment étendus sur les bancs. L'eau-de-vie circule dans les tribunes. Les paris sont ouverts. On rit. Et toujours, faisant vibrer la verrière, ces grandes clameurs de haine devant ceux qui ne tremblent pas. On connaît le résultat : après trente-sept heures de séance, sur sept cent vint et un votants, trois cent soixante et un députés - exactement le chiffre de la majorité absolue - ont voté « pour la mort sans condition ». On dit parfois que, sans la voix de son cousin Philippe-Egalité, Louis XVI échappait à l'échafaud. On peut appliquer ce cruel jeu de l'esprit à Morrisson, député de la Vendée. Avocat originaire de Palluau en Vendée, Morrisson est un royaliste ardent. Il ne pense même pas avoir le droit de répondre à la question posée par la Convention. Aussi décide-t-il de s'abstenir. Le député modéré du Pas-de-Calais, Dannon, « chef de l'armée d'indulgence », le supplie de revenir sur sa décision. Si Morrisson refuse de voter, sa voix ne sera point comptée. Elle sera perdue. - J'opinerais sur la question, déclare le Vendéen, s'il ne s'agissait que de prendre une mesure de sûreté générale ; mais l'Assemblée a décrété qu'elle porterait un jugement, et moi je ne crois pas que Louis soit justiciable. Je m'abstiens donc de prononcer. Dannon « lève les bras » nous dit Arthur Conte. Il sera encore plus désespéré lorsque, les votes terminés, le pointage officieux démontrera que le chiffre des voix pour la mort est celui-là même exigé pour la majorité absolue : trois cent soixante et un. Certains affirment que Morrisson pourrait encore revoir sa position, le pointage officiel n'étant pas encore donné. Tous les regards se portent sur lui. Mais le Vendéen demeure de marbre et la majorité absolue n'atteindra donc pas le chiffre de trois cent soixante-deux suffrages ; le roi est condamné ! Robespierre et ses amis ne pouvaient décemment pas envoyer à l'échafaud celui qui, malgré lui, avait été ainsi l'instrument du destin. La Terreur l'oublia, mais Louis XVIII se refusa à lui donner l'avancement qu'il sollicitait lors de la Restauration. Morrisson demeura modeste juge au tribunal d'appel de Bourges et ne siégea pas à la cour royale de Paris, ainsi qu'il l'avait demandé. Pourtant, le roi ne lui devait-il pas quelque peu son trône ?...
16 janvier 1797
Fin de la bataille de Rivoli.
16 janvier 1875
Après une peine de 2 ans, Paul Verlaine sort de la prison de Mons en Belgique.
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