Quelques événements du 10 JANVIER

10 janvier 1430
Création du plus prestigieux ordre de chevalerie, la Toison d'Or. C'est Philippe le Bon, duc de Bourgogne, comte de Flandres, qui le créa à Bruges (Belgique). Le puissant duc arbitrait alors la destinée de la France, entre le Français Charles VII et l'Anglais Henri V. L'ordre devait regrouper, autour de Philippe, les principales personnalités flamandes et bourguignonnes, au moment où, grâce à Jeanne d'Arc, le sacre de Charles risquait de lui rallier nombre d'hésitants. Il avait aussi pour mission de faire revivre la chevalerie chrétienne, qui avait jadis entraîné les Croisés vers les lieux saints. Le choix de la Toison d'or, soustraite au dragon par Jason, symbolisait Jérusalem.

10 janvier 1663
Jacques Ier, roi d'Angleterre, menaça de faire pendre tous les fumeurs, mais dut y renoncer s'il ne voulait pas décimer son royaume. Abbas Ier, spetième chah de Perse, faisait couper les lèvres aux amoureux du tabac. Le tsar de Russie, lui, était partisan de la bastonnade, tandis que le pape excommuniait. Quant au sultant Amurat IV, il préférait couper le nez des récalcitrants.

10 janvier 1705
Mort d'Etienne Pavillon, connu par quelques poésies où l'on trouve quelquefois de la grâce et de la délicatesse. On y distingue, entre autres pièces, une espèce d'éloge ou d'apologie de l'inconstance, où l'on trouve cette strophe :
Ulysse qui, pour sa sagesse,
Fut si célèbre dans la Grèce,
Quoiqu'amoureux et bien traité,
Refusa, malgré sa tendresse,
D'accepter l'immortalité,
A la charge d'aimer toujours une déesse.

10 janvier 1724
En Esgane, Philippe V abdique la couronne. Il était attaqué d'une mélancolie profonde qui le rendait quelquefois incapable de tout travail. Ce fut pour dérober cet état aux yeux de la nation, que ceux qui le conseillaient, se prêtèrent au projet qu'il forma, d'abdiquer la couronne ; il la désigna à son fils aîné et se retira au château de Balsain, avec la reine, son confesseur et son ministre de confiance ; mais le jeune roi don Louis, n'eut d'abord que les honneurs de la royauté ; c'était à Balsain que se décidaient toutes les affaires. Cependant, quoique ce règne n'ai duré que quelques mois, les ministres du nouveau roi, tous nommés par Philippe, tentèrent de brouiller le père et le fils. On proposa dans leconseil de Louis, de retrancher la moitié de la pension du roi Philippe, sous le prétexte du désordre des finances. Louis rejeta cette proposition avec l'indignation qu'elle méritait. Philippe en fut instruit ; et lorsqu'il remonta sur le trône, à la mort de son fils, il dit au marquis de Leyde, l'un de ceux qui avait opiné pour le retranchement, et qui lui devait sa fortune : « M. le marquis de Leyde, je n'aurais jamais cru cela de vous. » De Leyde se retira de la cour et mourut de chagrin peu de temps après.

10 janvier 1762
Création à Lyon de la première école au monde de médecine vétérinaire, grâce à la protection de Bertin, contrôleur général des Finances et ancien intendant de la généralité du Lyonnais. Le projet avait été accepté par Louis XV le 4 août 1761. Cette école connut un grand succès : les élèves vinrent de toutes les provinces de France et de l'étranger. En 1764, Louis XV lui conféra le titre d'École royale vétérinaire.

10 janvier 1778
Mort de Charles Linné, l'un des plus grands naturalistes du XVIIIe siècle, chevalier de l'étoile polaire, membre de toutes les académies des sciences de l'Europe, et professeur de botanique à l'université d'Upsal. Gustave III, roi de Suède, fit frapper une médaille pour éterniser sa mémoire : elle offre d'un côté le buste de ce savant naturaliste, et de l'autre la déesse Cybèle, ou la nature affligée, entourée des attributs des trois règnes, animal, végétal et minéral.

10 janvier 1840
Dumont d'Urville découvre la Terre Adélie (Pôle Sud). Il lui donne le nom de sa femme et en prend possession au nom de la France.

10 janvier 1863
Inauguration de la première ligne de Metropolitain souterrain à Londres. Le premier tronçon fait 6 322 m.

10 janvier 1870
Mort de Victor Noir. Pierre Bonaparte - l'un des fils de Lucien, frère de Napoléon Ier - tue ce jour-là Victor Noir, un jeune rédacteur du journal de Rochefort, la Marseillaise. La publication avait attaqué le prince Bonaparte de manière assez grossière. L'auteur de l'article, Grousset, avait même insulté toute la famille impériale, et un duel avait été prévu entre le pamphlétaire et le neveu du grand empereur. Victor Noir, de son vrai nom Ivan Salmon, était l'un des deux jeunes témoins envoyés par Grousset au prince, à son domicile 9 rue d'Auteuil. L'entrevue prit tout de suite un caractère violent, Victor Noir frappa Bonaparte de sa canne au visage et le prince Pierre fit feu... Il alla aussitôt se constituer prisonnier, mais, le surlendemain, les funérailles de Victor Noir devaient donner lieu à de violentes manifestations contre le régime impérial et grouper autour du cerceuil de Victor Noir les futurs communards.

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