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Quelques événements du 6 FÉVRIER
6 février 806
Charlemagne prévoit le partage du royaume entre ses fils. Charles, Pépin et Louis se voient attribuer des parts équitables du royaume, mais la mort prématurée des deux premiers laissera Louis seul héritier.
6 février 1510
Alphonse Albuquerque, conquérant des Indes orientales, s'empare de la ville de Goa, sur la côte du royaume de Malabar. Cette ville a été, pendant longtemps, le centre du commerce de tout l'Orient, et l'une des plus opulentes villes du monde.
6 février 1593
Mort de Jacques Amyot, évêque d'Auxerre et grand aumônier de France. Il était né à Melun, en 1513, d'une famille très obscure. On attribue son élévation à une rencontre singulière : Henri II, passant dans le Berry, Amyot, qui était alors précepteur chez un gentilhomme de la province, composa une épigramme grecque, que ses élèves présentèrent au roi. Le chancelier de l'Hôpital fut si enchanté de ce petit ouvrage, qu'il dit à Henri II, que l'auteur était digne de veiller à l'éducation des enfants de France. Amyot suivit d'abord l'ambassadeur de France à Venise, et ce fut dans cette ville qu'il reçut ordre de Henri II de porter au concile de Trente une protestation de ce prince contre tout ce qui se ferait dans le concile. A son retour, il fut nommé précepteur des trois fils de Henri II, François II, Charles IX et Henri III. Le premier de ces trois princes n'ayant fait que paraître sur le trône, n'eut pas le temps de songer à la fortune de son précepteur. Charles IX ne fut pas plutôt parvenu à la couronne, qu'il lui donna la charge de grand aumônier, et le nomma quelque temps après abbé de Saint-Corneille et évêque d'Auxerre : et comme ce précepteur insatiable demandait encore une abbaye à son ancien élève, celui-ci qui avait bonne mémoire, lui dit : « Mais vous m'assuriez autrefois que vous borniez votre ambition à mille écus de rente. - Oui sire, répondit Amyot, mais l'appétit vient en mangeant. » Signalons une anecdote remarquable sur Amyot et sur le parlement, à l'occasion des obsèques de Charles IX. Après le dîner qui suit ordinairement les obsèques, à Saint-Denis, le parlement, ayant à sa tête Christophe de Thou, envoya commander à Amyot, grand aumônier, de venir lui dire les grâces, comme roi ; ce qu'il refusa de faire, et même se cacha. La même difficulté se renouvela à l'enterrement de Louis XIV.
6 février 1626
Richelieu promulge un édit interdisant les duels.
6 février 1651
Fuite du cardinal Mazarin. Le cardinal de Retz, qui, en 1650, s'était ligué avec Mazarin pour faire emprisonner les princes, en 1651 se ligua avec leurs partisans, et intrigua puissamment au parlement de Paris, en vue de les faire sortir, et d'obliger Mazarin à quitter le ministère. On vint à bout de faire assister le duc d'Orléans aux séances du parlement, et de l'empêcher de se rendre aux instances de la reine, qui voulait conférer avec lui. La régente, outrée, formait le projet d'appeler des troupes, de se cantonner dans le quartier du Palais-Royal, et de tenir tête au duc d'Orléans, qui demeurait au Luxembourg : mais soit prudence, soit timidité, le cardinal s'opposa à ce dessein, et sur les espérances qu'on lui donnât que son éloignement pourrait calmer les esprits, il choisit, pour quitter Paris, le nuit du 6 au 7, entre onze heures et minuit. Après s'être déguisé en cavalier, avoir endossé un habit gris, et pris un chapeau chargé de plumes, il sortit du Palais-Royal, accompagné de deux gentilshommes, et de Noailles, depuis duc, qui lui était fort attaché. Il avait d'abord intention de sortir par la porte de la Conférence. Ses gardes et ses domestiques l'y attendaient, ce qui attira une foule de curieux, et occasionna une querelle fort vive. Il fut obligé de s'évader par la porte de Richelieu, et tout tremblant, se trouva fort heureux de joindre un corps de 200 chevaux, commandé par le comte d'Harcourt, qui le conduisit avant la fin de la nuit à Saint-Germain. Il y passa trois à quatre heures fort désagréables, auprès du feu d'une hôtellerie, en attendant qu'on lui eût préparé un logement au château. Avant de partir, Mazarin avait eu la précaution de lier la reine par une convention : quoi qu'il puisse arriver, les princes ne devaient être mis en liberté que de leur mutuel consentement. Il lui fit même signer un billet adressé à Debar, officier chargé de les garder, par lequel il lui était ordonné de suivre aveuglément les intentions du cardinal sur l'élargissement des princes, sans aucun égard à tout autre ordre du roi ou de la reine, postérieur et contraire à celui-ci. Aorès avoir consenti au départ de Mazarin, Anne d'Autriche insista pour obtenir une conférence avec le duc d'Orléans. Le coadjuteur fit répondre à Gaston que le ministre était trop près. La reine redoubla ses sollicitations. Elle convoqua une assemblée de la noblesse, des grands du royaume et des maréchaux de France, qui tous allèrent s'offir pour otages à Gaston : il les remercia, et persista dans son refus. On continua à la harceler par des remontrances qui se réduisaient à demander avant tout l'éloignement sans retour du cardinal. Enfin, Anne d'Autriche se rendit ; et, après de violents combats, elle se laissa arracher, le 9 février, la promesse de ne jamais rappeler son ministre. Aussitôt, de peur qu'elle ne se dédit, le parlement rendit un arrêt qui portait « qu'en conséquence de la déclaration et volonté du roi et de la régente, dans le quinzième jour de la publication du présent arrêt, le cardinal Mazarin, ses parents et domestiques étrangers, videraient le royaume, et que, ledit temps passé, il serait procédé contre eux extraordinairement, et permis aux communes et tous autres de leur courir sus. » Mazarin rentra triomphant dans Paris, le 3 février 1653.
6 février 1740
Mort du pape Clément XII. Laurent Corsini, pape après Benoît XIII, en 1733, était né à Rome, d'une ancienne famille de Florence. Il abolit une partie des impôts, et fit châtier ceux qui avaient malversé sous le règne précédent. Ses revenus furent tous consacrés aux pauvres. Son trésorier lui ayant rendu ses comptes, il vit qu'il n'avait pas quinze cents écus en caisse. « Comment, dit le pontife, j'étais plus riche étant cardinal que depuis que je suis pape ! » Et cela était vrai. Après sa mort, le peuple de Rome lui érigea, par reconnaissance, une statue de bronze, qui fut placée dans une des salles du Capitole.
6 février 1778
Traité d'alliance entre Louis XVI et les insurgents américains. Le gouvernement français ne désirait alors qu'une chose : l'affaiblissement de l'Angleterre. « jamais, disait Choiseul, les Anglais se couperont la gorge entre eux autant que je le désire. » Fort heureusement pour M. de Choiseul, les conditions matérielles dans lesquelles combattaient les Américains étaient particulièrement difficiles : ils manquaient d'argent, de matériel et même de vêtements. Ils demandèrent donc l'appui de la France où l'opinion leur était assez favorable. Nombreux étaient, en effet, les Français, surtout parmi la jeunesse, qui se passionnaient pour les idées de la Liberté. L'envoi de Fraklin comme ambassadeur à Paris fit le reste. D'autant plus que l'on ne pouvait rêver plus adroit négociateur. Avec ses grosses lunettes noires, ses longs cheveux, son habit marron et son bonnet de fourrure, il sut se composer un personnage qui devint rapidement la coqueluche de tous les salons de Paris et de Versailles. Le gouvernement français aida d'abord secrètement les Américains. Mais, lorsque Louis XVI apprit que les Insurgents venaient de remporter, à Saratoga, une grande victoire sur les Anglais, il se décida à signer un traité d'alliance. Les officiers qui, après La Fayette, prirent le chemin du Nouveau Monde, étaient partis de France avec beaucoup d'enthousiasme, mais leurs premières impressions sur l'Amérique et les Américains furent très souvent décevantes. L'armée des Insurgents n'avait pas grande allure et certaines « têtes brûlées », un peu méprisantes, écrivaient à leur famille : « Il y a des cordonniers colonels ! » D'autre part, à la place du pays sauvage et même peut-être de la forêt vierge, auxquels ils s'attendaient, ils trouvèrent des paysages assez proches de ceux d'Europe. L'aide de camp de Rochambeau, le baron Cromot du Bourg, s'exclamait, rpesque un peu déçu : « Ici, le pays ressemble beaucoup à la Normandie entre Pont-d'Ouilly et Condé-sur-Noireau... »
6 février 1800
Le physicien Alessandro Volta invente la pile électrique, composée de lamelles de cuivre et de zinc.
6 février 1822
A Paris, début de l'éclairage intérieur au gaz, grâce au système Winsor.
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