|
Quelques événements du 3 FÉVRIER
3 février 1190
Création des échevins de la ville de Paris par Philippe Auguste, qui donna à cette capitale les armes qu'elle a si longtemps portées, et qui la fit clore de murailles et de fossés.
3 février 1317
Application de la loi salique. Cette loi n'affirmait pas seulement que « femme ne succède pas au royaume de France », elle comportait également une liste de punitions et d'amendes à infliger pour diverses faites. Ainsi : - Avoir frappé quelqu'un à la tête de telle façon que le cerveau apparaisse et que les trois os qui le recouvrent soient à nu : 30 sous - Avoir arraché à autrui une main, un pied, un oeil, le nez : 100 sous - Si la main reste pendante, réduit à 63 sous.
3 février 1486
Première tenue de la Foire Saint-Germain à Paris, établie quatre ans auparavant par Louis XI.
3 février 1552
Pierre Duchâtel, évêque d'Orléans, meurt d'apoplexie en prêchant. Il fut un des plus savants prélats du XVIe siècle, et était natif d'Arc, en Barrois. Après avoir étudié et régenté à Dijon, il voyagea en Allemagne, en Italie, en Grèce ; et dans ces courses utiles, recueillit grand nombre de connaissances. De retour en France, et devenu lecteur et bibliothécaire de François Ier, il fut le seul homme de lettres dont ce prince prétendait n'avoir pas épuisé le savoir en deux ans. L'envie voulut élever sur ses ruines un nommé Bigot, dont elle vantait avec affection l'esprit et le savoir. Le prince, avant de le faire venir de Normandie, sa patrie, voulut connaître quel homme c'était. Duchâtel lui dit que c'était un philosophe qui suivait les opinions d'Aristote. - Et quelles sont ces opinions, continua le roi ? - Sire, répartit l'adroit courtisan, Aristote préfère les états républicains aux états monarchiques. Ce mot fit une impression si forte sur l'esprit de François Ier, qu'il ne voulut plus entendre parler de Bigot. Ce prince voulant élever Duchâtel aux premières dignités de l'église, fut curieux d'apprendre de lui s'il était gentilhomme. « Sire, répondit le savant, ils étaient trois frères dans l'arche de Noé, je ne sais pas bien duquel des trois je suis sorti. » Peu de temps après il parvint à l'épiscopat. Il fut évêque de Tulle, en 1539 ; de Mâcon, en 1544 ; grand aumônier de France, en 1548 ; évêque d'Orléans, en 1551.
3 février 1689
Première représentation d'Esther, tragédie de Racine, au couvent de Saint-Cyr. Racine était à l'apogée de sa célébrité et s'était offert le luxe de prendre Boileau comme metteur en scène et Lulli comme compositeur. Les représentations furent brillantes à faire pâlir de jalouisie de vrais directeurs de théâtre. Dans la salle, entourant le roi et le dauphin, on voyait de nombreux évêques et tous les hautes dignitaires de la Cour. Le succès fut total et les interprètes, autrement dit les jeunes filles de Saint-Cyr, furent grisées. Elles reçurent des billets doux, des rendez-vous. Il y eut même des tentatives d'enlèvement... Effrayée, Madame de Maintenon fit arrêter toutes les représentations et la pièce suivante, Athalie, fut jouée, toutes portes closes, avec comme seul public les pensionnnaires elles-mêmes. A ce propose, Mme de Maintenon écrivait aux Dames de Saint-Cyr : « il sera toujours dangereux de faire voir à des hommes, des jeunes filles bien faites... N'y souffrez donc aucun homme ni pauvre, ni riche, ni vieux, ni jeune, ni prêtre, ni séculier, je dis même ni saint, s'il y en a sur la terre. » Les jeunes filles ne devaient se préparer qu'au mariage, institution dont Mme de Maintenon leur faisait cette sombre description : « La plupart des maris reviennent plus d'une fois dans la journée, et ils reviennent en faisant toujours sentir qu'ils sont les maîtres, ils entrent en faisant un bruit désespéré, souvent avec je ne sais combien d'autres hommes, ils vous amènent des chiens qui gâtent tous les meubles, il faut qu'une femme les souffre ; elle n'est pas la maîtresse de fermer une fenêtre, si son mari rentre tard il faut qu'elle l'attende pour se coucher ; il la fait dîner quand il lui plaît, enfin, elle n'est comptée pour rien. »
3 février 1757
Les Autrichiens et les Piémontais sont forcés, par les Français, de rapsser le Var avec précipitation, et d'évacuer la Provence et le Dauphiné, qu'ils s'étaient flattés d'envahir.
3 février 1809
Naissance, à Hambourg, du compositeur Félix Mendelssohn qui devait, à dix-sept ans, composer l'ouverture du Songe d'une nuit d'été.
3 février 1830
Signature du protocole de Londres par la France, la Russie et la Grande-Bretagne, garantissant l'indépendance de la Grèce.
3 février 1831
Fils de Louis Philippe, le duc de Nemours est élu roi des Belges. Son père refuse cette élection.
3 février 1851
Instauration des bateaux-lavoirs à Paris. Les lavandières étant réputées de moeurs légères, nombreux étaient les hommes en quête d'aventures et venant troubler leur travail le long des cours d'eau. Pour enrayer cette prostitution, on créer des endroits où elles pourraient laver en toute tranquillité. Dans les faits, un seul bateau-lavoir fut construit, à Montmartre. Détourné de son objectif initial, les lavandières le fréquentant peu, il devint le rendez-vous des peintres et des artistes de la Belle Epoque.
Fermer cette fenêtre
|