Quelques événements du 2 FÉVRIER

2 février 962
Couronnement de Othon Ier le Grand (912-973) à Rome par le pape Jean XII. Il était roi de Germanie depuis 936 et est le fils d'Henri Ier l'Oiseleur, fondateur du Saint Empire romain germanique. Après avoir contré une révolte des nobles fomentée par son frère, Othon consolida son royaume en dépossédant les grands féodaux de leurs duchés, qu'il redistribua à ses proches. En 951, il se fit proclamer roi à Pavie. En 955, il soumit les nobles et mis fin à l'invasion hongroise. Un an après son couronnement, il déposera Jean XII, entendant subordonner l'Église à l'autorité de l'Empire.

2 février 1547
Mort de Cortez, qui incarne le « conquistador » espagnol, énergique et audacieux. Lorsque les Espagnols arrivèrent pour la première fois dans la province du Mexique appelée ajourd'hui le Yucatan, ils demandèrent aux indigènes comment s'appelait leur pays. Ceux-ci ne comprenant pas un mot d'espagnol, répondaient invariablement « Yucacan ! », c'est-à-dire : « Je ne comprends pas », et on donna ce nom au pays. Les chefs indiens offrirent à Cortez des cadeaux éclectiques, et placés dans cet ordre : quatre diadèmes, cinq canards, deux masques d'Indien, des poissons secs, des semelles d'or, vingt de leurs plus belles femmes et quelques lézards.

2 février 1605
Condamnation du comte d'Auvergne, de la marquise de Verneui et du comte d'Entragues, qui avaient conspiré contre Henri IV. Charles de Valois, comte d'Auvergne, fils naturel de Charles IX, avait été un des premiers à reconnaître Henri IV, après l'assassinat de Henri III. Il combattit avec gloire pour son service, aux journées d'Arques, d'Ivry et de Fontaine-Française ; mais sa fidélité se démentit par la suite. Impliqué, en 1602, dans la conspiration du maréchal de Diron, Henri IV eut la bonté de lui pardonner ; cette grâce ne fit qu'un ingrat. En 1604, il entra dans une nouvelle conspiration contre ce prince et contre l'état, formée par la marquise de Verneuil, sa soeur utérine, et le comte d'Entragues, père de la marquise. Ils se liguèrent avec l'Espagne, la mortelle ennemie de Henri IV, avec le secours de laquelle ils comptaient détrôner le roi, et mettre à sa place le fils que la marquise avait eu de lui, et qu'ils osaient déjà traiter de dauphin.
Les comtes d'Auvergne et d'Entragues furent condamnés à avoir la tête tranchée, et la marquise à être enfermée le reste de ses jours ; mais le roi commua la peine des deux premiers en une prison perpétuelle, dont ils sortirent quelque temps après. La marquise elle-même trouva le moyen, par ses manières artificieuses, de regagner les bonnes grâces du roi. « Elle avait, dit Sully, ce bec affilé qui, par ses bonnes rencontres, rendait au roi sa compagnie des plus agréables ; cette critique fine et maline qui ne manque jamais d'amuser ceux qui n'en sont pas les objets, et qui fait, ce qu'on appelle, le génie de la cour. »
C'est d'elle que Henri IV acheta un repentir cent mille écus.

2 février 1688
Mort de du Quesne. Abraham, marquis du Quesne, général des armées navales de France, l'un des plus grands hommes de la mer de son siècle, né en Normandie en 1610, fit son apprentissage sous les ordres de son père, capitaine distingué.
C'est principalement dans les guerres de Sicile que du Quesne s'est acquis sa grande réputation. Ce fut là qu'il eut à combattre le célèbre Ruyter, et quoiqu'avec des forces inégales, il vainquit dans trois batailles qui se donnèrent la même année, les flottes réunies de Hollande et d'Espagne. Le général hollandais fut tué dans la seconde.
L'Asie et l'Afrique furent ensuite témoins de la valeur de du Quesne, et ne l'admirèrent pas moins que l'Europe. Il força Tripoli, Alger et la république de Gênes, à implorer la clémence de Louis XIV. Ce prince ne pouvant récompenser le mérite du vainqueur avec tout l'éclat qu'il aurait souhaité, parce qu'il était calviniste, lui donna pour lui et pour sa postérité, la terre de Bouchel, qui était l'une des plus belles du royaume, près d'Etampes, et l'érigea en marquisat, avec cette condition, qu'elle s'appellerait la terre du Quesne, afin d'immortaliser la mémoire de ce grand homme.
Il mourut à l'âge de soixante-dix-huit ans, dans une vigueur de tempérament qui ne se démentit jamais. Son fils aîné, obligé de s'expatrier après la révocation de l'édit de Nantes, se retira en Suisse, où il acheta la terre d'Eaubonne ; il y porta le corps de son père, et lui fit ériger une espèce de mausolée, sur lequel il fit graver cette inscription : La Hollande a fait ériger un mausolée à Ruyter, et la France a refusé un peu de cendre à son vainqueur.

2 février 1704
Mort du marquis de l'Hospital. François, marquis de l'Hospital, né en 1661, est le premier qui ait écrit en France sur la calcul inventé par Newton. Il annonça, dès l'enfance, une passion extrême pour les mathématiques, et cette passion devint d'autant plus forte, qu'elle était soutenue par un grand talent. Il étonna les plus habiles géomètres de son temps, entre autres le grand Arnaud, par sa facilité à résoudre les problèmes les plus difficiles. Après avoir servi quelque temps en qualité de capitaine de cavalerie, il fut obligé de quitter le service à cause de la faiblesse de sa vue, et dès lors il se livra tout entier aux mathématiques.
L'académie des Sciences de Paris lui ouvrit ses portes en 1693, et il justifia ce choix par son traité de l'Analyse des Infiniments petits ; cet ouvrage, dans lequel il développe si bien tous les secrets de l'infini géométrique, le mit au rang des premiers mathématiciens de son siècle. « L'auteur, dit Fontenelle, a eu l'art de ne faire d'une infinité de choses, qu'un assez petit volume ; il y a mis cette netteté, cette brièveté d'un homme qui ne veut que faire penser, et qui est plus soigneux d'éviter les découvertes d'autrui, que jaloux d'étaler les siennes. »

2 février 1709
Alexandre Selkirk, marin écossais, est recueilli sur une île déserte au large du Chili. Il vivait sur cette île depuis son naufrage en 1704. Son histoire inspirera Daniel de Foe pour son roman "Robinson Crusoé".

2 février 1718
Mort du chancelier Voisin. Daniel-François Voisin, d'abord conseiller au parlement et secrétaire d'état, et enfin garde des sceaux et chancelier de France en 1714, osa résister à Louis XIV avec la même fermeté que d'Aguesseau son successeur, résista depuis à Louis XV. Un grand coupable ayant obtenu sa grâce de Louis XIV, Voisin refusa de sceller les lettres ; le roi demanda les sceaux, et les rendit au chancelier, après en avoir fait usage.
« - Ils sont pollués », dit Voisin, en les repoussant sur la table, je ne les reprends plus.
- Quel homme, s'écrie le monarque, et il jette aussitôt les lettres au feu.
- Je puis maintenant reprendre les sceaux, dit le chancelier, le feu purifie tout. »
Ce n'est pas la seule occasion où il résista fermement aux volontés du monarque.

2 février 1789
Mort de Armand-Louis Couprin, organiste de la chapelle de Louis XVI. Il se distingua, comme ses pères, par la science et le charme de ses compositions, par l'exécution la plus brillante, ainsi que par l'art d'enseigner et de former des élèves, art héréditaire dans sa famille. Sensible, bienfaisant, simple et régulier dans ses moeurs, il était d'une délicatesse de sentiments qui nuisit plus d'une fois à sa fortune, et d'une modestie avérée. Comme il revenait le 1er février de l'église Notre-Dame, il fut renversé, foulé par un cheval, et mourut le lendemain dans les douleurs les plus aigues.

2 février 1832
Les légitimistes de Vendée et de Provence, sur l'instigation de la duchesse de Berry, complotent pour porter sur le trône Henri de Chambord, le fils posthume du duc de Berry. Toutes les tentatives avorteront, et les complots seront tous déjoués par le gouvernement en place.

2 février 1848
Pour 15 millions de dollars, les Etats-Unis achètent les états du Texas, du Nouveau Mexique, de l'Arizona et de la Californie au Mexique.

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