Quelques événements du 1er AOÛT

1er août 1137
Mort de Louis VI le Gros, à l'âge de cinquante-six ans. Il laisse un royaume pacifié et bien administré. Des plaintes fréquentes portées au pied du trône contre les brigandages qu'exerçait au tour de son château le seigneur de Saint-Brisson, déterminèrent Louis le Gros à venir assiéger ce seigneur dans son château. L'ayant emporté d'assaut, il fut obligé de le réduire en cendres, pour assurer la tranquillité du pays, mais les fatigues qu'il essuya dans cette expédition lui causèrent une maladie, dont les suites devenant de jour en jour plus graves, le conduisirent au tombeau. Quand ce prince sentit approcher la fin, il fit étendre un tapis à terre, et par-dessus des cendres, sur lesquelles on le coucha, il fit le signe de croix et y mourut.
C'était un prince recommandable par son courage, par la douceur de ses moeurs. La France lui doit l'établissement des communes. Dans ces anciens temps, il n'y avait de personnes libres que les ecclésiastiques et les gens d'épée ; les autres habitants des villes, bourgs et villages, étaient plus ou moins esclaves. On en distinguait deux sortes ; les uns appelés serfs, étaient attachés à la glèbe, c'est-à-dire à l'héritage, se vendaient avec le fonds, ne pouvaient se marier ni changer de demeure ou de profession sans l'agrément du maître, ni acquérir qu'à son profit, ou du moins à ocndition de lui payer, à certains termes, une certaine somme, tant pour eux que pour leurs femmes et leurs enfants. Les autres ne dépendaient pas aussi servilement du seigneur, qui n'était maître ni de leur vie, ni de leurs biens ; toute leur sevitude se réduisait à lui payer certains droits, ou à faire pour lui des corvées ; les uns et les autres n'avaient d'autres juges et d'autre loi que le seigneur du lieu.
Louis remit aux villes de son domaine certaines redevances que les habitants payaient par tête, affranchit certains d'entre eux qui étaient serfs, leur donna le droit de bourgeoisie, et leur permit à tous de se choisir un maire et des échevins ; cet exemple fut bientôt imité par les grands vassaux de la couronne. Alors le royaume changea de face ; les cités devinrent si riches et si puissantes, que leurs députés eurent entrée aux assemblées générales de la nation. Elles formèrent insensiblement dans le royaume un troisième corps qui eut, dans les diètes de la nation, une autorité égale ou même supérieure à celle de la noblesse et du clergé ; on l'appela le tiers-état, nom inconnu auparavant, lorsque les seuls nobles et ecclésiastiques avaient voix délibérative dans les assemblées.
Sous le règne de Louis le Gros, les Français portaient des habits traînants avec de larges manches, qui couvraient les mains ; les souliers finissaient en pointes longues de deux pieds, tantôt recourbées, tantôt en droite ligne. Les laïques portaient les cheveux longs, usage contre lequel plusieurs évêques, se fondant sur saint Paul, s'élevaient avec chaleur, jusqu'à le traiter de péché contre nature.

1er août 1358
Etienne Marcel est assommé d'un coup de hache, à la porte Saint-Antoine, par Jean Maillard. Le roi Jean ayant été emmené prisonnier en Angleterre, après la funeste bataille de Poitiers, la France tomba dans la plus affreuse anarchie. Le dauphin Charles, qui avait pris le titre de lieutenant du royaume, fut obligé de sortir de Paris pour dérober sa tête aux fureurs d'un tribun populaire, le prévôt des marchands nommé Etienne Marcel, venu jusque dans
Assassinat du prévôt des marchands Etienne Marcel, en 1358, par Jean Maillard
Assassinat d'Etienne Marcel.
Extrait des Chroniques de Froissart.
son palais massacrer sous ses yeux ses principaux officiers. Les désordres n'étaient pas moindres dans les provinces que dans la capitale. En Picardie, une multitude de paysans s'étant rassemblée, avait formé un espace de confédération, appelée la Jacquerie ; ils égorgeaient tons les gentilshommes qui tombaient entre leurs mains, outrageaient leurs femmes et pillaient leurs maisons.
Le dauphin ayant assemblé les états du royaume à Compiègne, et obtenu des subsides pour lever des troupes, s'approcha de Paris et en forma le siège. Marcel, chef des révoltés, voyant les Parisiens disposés à recevoir le dauphin, et redoutant la punition de ses crimes, conçut le projet d'introduire dans Paris une troupe d'Anglais qui infestaient les environs, et de se rendre maître de la ville au nom de Charles le Mauvais (qui, ligué avec les Anglais, cherchait à profiter de l'absence du roi Jean pour s'emparer de la couronne), roi de Navarre, il arrive sur le minuit à la porte Saint-Antoine, dont il tenait la clef dans sa main, et allait l'ouvrir aux ennemis, lorsque Jean Maillard et Pépin des Essarts, qui avaient pénétré ses desseins, arrivent subitement, suivis de quelques citoyens fidèles. Maillard, transporté de fureur, lève sa hache d'armes sur Etienne Marcel et le renverse mort à ses pieds ; ses compmgnons se jettent en même temps sur les gens de Marcel, en massacrent une partie, et arrêtent les autres. Les Parisiens envoyèrent aussitôt une députation au dauphin, pour lui faire part de leur entière soumission, et l'engager à revenir. Le dauphin rentra en effet dans Paris, le 4 août suivant.

1er août 1464
Mort de Cosme de Médicis. Né en 1389, simple citoyen de Florence, il acquit par le commerce des richesses comparables à celles des plus grands rois de son temps. Il s'en servit pour secourir les pauvres, pour se faire des amis parmi les riches, pour orner sa patrie d'édifices, pour appeler à Florence les savants grecs, chassés de Constantinople. Ses conseils furent, pendant trente années, les lois de la république ; ses bienfaits furent ses principales intrigues. Florence orna son tombeau du nom de Père de la patrie.

1er août 1469
Institution de l'ordre de Saint-Michel. Depuis longtemps Louis XI avait conçu le projet de cette institution. L'ordre de l'Etoile, institué par Jean le Bon, paraissait entièrement tombé dans l'oubli. Il était plus aisé d'en créer un nouveau que de faire revivre la splendeur éphémère de l'ancien. La dévotion que le roi avait pour Saint-Michel, l'engagea à le choisir pour patron de cette confrérie guerrière. On prétendait que cet archange avait combattu contre les Anglais à Orléans. Le nombre des récipiendaires ne devait pas excéder trente-six chevaliers, dont le monarque était le chef, ou le souverain, comme on s'exprimait alors. L'élection devait se faire à la pluralité des voix. Le souverain s'en réserva deux, et une troisième en cas de partage. Pour être admis dans cet ordre, il fallait être gentilhomme de nom et d'armes. On était dégradé pour trois crimes, l'hérésie, la trahison et la lâcheté. Outre les trente-six chevaliers, l'ordre comprenait quatre officiers, à savoir un chancelier revêtu d'une dignité ecclésiastique, un greffier, un trésorier, et enfin, un héraut, nommé Mont Saint-Michel. A ces quatre officiers de première création, Louis XI ajouta, sept ans après, un prévôt, maître des cérémonies. La devise de cet ordre était Immensi tremor Occani Louis XIV augmenta le nombre des chevaliers jusqu'à cent. Depuis Henri III, on ne pouvait être reçu dans l'ordre du Saint-Esprit qu'on n'eût été auparavant décoré de celui de Saint-Michel.

1er août 1501
Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, fit fondre, par Jean le Masson, la grosse cloche qui avait pris son nom, et que l'on voyait dans une des tours de la cathédrale. Elle pesait 30 000 kilos et avait 36 pieds de circonférence. On prétend que l'ouvrier mourut quelques jours après de joie d'avoir réussi dans un si grand ouvrage.

1er août 1589
Assassinat de Henri III, roi de France, par Jacques Clément.

1er août 1793
Instauration du système métrique en France.

1er août 1798
En rade d'Aboukir (Basse-Égypte), le vice-amiral anglais Horatio Nelson attaque et détruit la flotte française. Nelson vient d'enlever à la République sa dernière escadre et coupe le chemin du retour à Bonaparte, qui le 19 mai précédent, avait entrepris une expédition en Égypte.

1er août 1899
Première carte postale illustrée.

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