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Quelques événements du 1er FÉVRIER
1er février 656
Mort de Sigebert III. Il est enterré à Metz. Son fils unique Dagobert II est exilé en Irlande par Grimoald, maire du Palais.
1er février 772
Mort du pape Etienne III. Lorsque Charlemagne fut sur le point de se marier, Etienne III lui écrivit une charmante lettre dans laquelle il lui assurait que sa future épouse était « hideuse, puante et lépreuse... »
1er février 1328
Mort de Charles IV, dit le Bel. Il était le dernier héritier de Philippe le Bel qui, en mourant, avait laissé trois fils - Louis le Hutin, Philippe le Long et Charles le Bel - qui donnèrent à leur père l'espérance d'une nombreuse postérité, et qui disparurent tous trois en moins de quatorze ans. Quand il se sentit près de sa fin, il fit appeler les grands seigneurs qui étaient à sa cour, et leur dit « que si la reine accouchait d'un fils, il ne doutait point qu'ils ne le reconnussent pour leur roi ; mais que si elle n'avait qu'une fille, ce serait aux grands barons de France à adjuger la couronne à qui elle appartiendrait ; qu'en attendant il déclarait Philippe de Valois, son cousin, régent du royaume. » Après la mort de Charles, toute la haute noblesse s'étant assemblée, confirma la régence à Philippe de Valois, et la reine n'étant accouchée que d'une fille, Philippe fut aussitôt couronné roi. C'est ainsi que la branche des Valois monta sur le trône.
1er février 1394
Le roi Charles VI est sur le point d'être brûlé dans un bal. Dès le 6 août de l'année précédente, le roi Charles, allant faire la guerre au duc de Bretagne, et passant par la forêt de Mantes, avait été saisi tout à coup d'une horrible frénésie qui lui avait ôté entièrement l'usage de la raison. Cette maladie funeste commençait à se passer, et les accès de fureur devenaient plus rares, lorsqu'un terrible accident vint replonger le roi dans ses rechutes ordinaires. Les médecins avaient recommandé delui lui procurer tous les divertissements capables de flatter son imagination. On était au fort de l'ivresse des plaisirs du carnaval, lorsqu'il prit fantaisie au roi d'exécuter un déguisement de caprice. Le mariage d'une des filles de la reine avec un gentilhomme vermandois fut pour le roi une occasion de se satisfaire. Le jour des noces, la reine donna un festin splendide, suivi d'un bal où toute la cour devait se trouver. Le roi entra dans la salle où l'on dansait : il était déguisé en sauvage, et conduisait cinq seigneurs habillés comme lui, et enchaînés les uns aux autres. Avant que cette mascarade parût, on avait ordonné d'éloigner les flambeaux : le duc d'Orléans, qui n'était pas instruit de cet ordre, abaissa une torche allumée que tenait un de ses gens, sur la tête des sauvages. Dans le moment le feu prit aux habits, faits de toile enduite de poix, sur laquelle on avait appliqué des étoupes : la flamme se communiqua rapidement, et la salle retentit des hurlements que poussaient les masques. Heureusement le roi avait quitté la danse, et s'amusait à parler à la duchesse de Berry ; il voulut la quitter : « Où voulez-vous aller ? lui dit-elle en l'arrêtant ; vous voyez bien que vos compagnons ardent (brûlent) ». La princesse conservant une présence d'esprit rare, dans un danger si pressant, le cacha sous la queue de son manteau. Les cinq sauvages cependant étaient dévorés dans leurs habits collés sur leur corps ; les quatre premiers, Hugues de Guissay, le comte de Joigny, Aymard de Poitiers, et le bâtard de Foix, moururent ; Jean de Nantouillet, le cinquième, plus heureux que les autres, courut se précipiter dans une cuve pleine d'eau. Le duc d'Orléans, en expiation de son imprudence, fonda une chapelle aux Célestins, où l'on offrait tous les jours le saint sacrifice en mémoire des malheureux princes dont nous venons de parler.
1er février 1649
Le roi Charles Ier est ramené pour la seconde fois devant la cour de justice. Dans la ferme résolution où il était de ne point reconnaître ce tribunal, il insista toujours sur l'insuffisance de la juridiction de ses juges, ce qui fit naître de nouvelles contestations entre lui et Bradshaw, dans lesquelles ce président s'étant fort échauffé, il lui échappa de dire que « le tribunal devant lequel on le sommait de répondre tenait son pouvoir des communes du royaume, devant lequel les rois ses prédécesseurs avaient toujours répondu. » Le roi l'ayant pressé là-dessus de citer un seul exemple de ce qu'il avançait, le président se trouva fort embarrassé ; mais Cromwell, qui était présent, prit la parole pour lui, et dit que #171; de tels éclaircissements étaient inutiles et que le cour ne trouvait pas à propos de perdre le temps en de semblables contestations. » Bradshaw, s'étant remis de son désordre pendant cet intervalle, donna à lire au greffier un papier où étaient écrites ces paroles : « Charles Stuart, vous êtes accusé, de la part du peuple, de trahison et de divers autres crimes, la cour ordonne que vous y répondiez. » Le roi déclara de nouveau qu'il était prêt à le faire, pourvu qu'on lui montrât par quelle autorité on le citait. Il allait dire encore quelque chose pour justifier le refus qu'il faisait de répondre, lorsque le président, à qui Cromwell fit signe, l'interrompit, et ordonna qu'on le ramenât au palais de Saint-James. Il fut ramené le lendemain 2 février, devant la même cour de justice.
1er février 1691
Mort du pape Alexandre VIII. Né à Venise, du grand chancelier de la république, Marc Ottoboni, il étudia d'abord à Padoue, puis à Rome, où il fit éclater son talent pour les affaires ecclésiastiques. Il fut successivement évêque de Bresse, de Frescati, puis cardinal. Il fut élevé sur la chaire de Saint-Pierre en 1689, après la mort d'Innocent XI. Louis XIV, qui avait eu des démêlés avec Innoncent XI, lui rendit Avignon. Mais ce pape n'en publia pas moins une bulle contre les quatres articles de l'assemblée du clergé de France de l'année 1682, et continua de refuser des bulles aux prélats qui avaient fait partie de cette assemblée. Ce pontife secourut l'empereur Léopold et les Vénitiens, pour les mettre en état de combattre plus avantageusement les Turcs. Il rétablit, en faveur de ses parents, la plupart des dignités qu'Innoncent XI avait abolies. Moins désintéressé que ce pontife, il eut des qualités que l'autre n'avait pas, l'activité, la prudence, la politique, la modération, et ne répandit pas moins de bienfaits sur les pauvres que sur ses parents.
1er février 1761
Mort de Pierre-François-Xavier de Charlevoix, jésuite, né à Saint-Quentin le 9 octobre 1682. Il professa les humanités et la philosophie avec distinction, et travailla durant vingt-deux ans au journal de Trévoux. Ses meilleurs ouvrages sont, une Histoire du Japon et une Histoire générale de la Nouvelle France.
1er février 1810
Le frère de Napoléon Ier prend Séville, par la volonté du roi d'Espagne. Ses opposants s'enfuient à Cadix, ultime foyer de la résistance espagnole.
1er février 1879
La Marseillaise est choisie comme hymne national français.
1er février 1885
Inauguration du « grenier » des Goncourt. Edmond de Goncourt avait aménagé le second étage de sa maison d'Auteuil pour y organiser des dimanches littéraires. Il appelait l'étage son « grenier », mais il n'en s'agissait pas moins de trois pièces reliées par une vaste baie. « L'après-midi du dimanche, a écrit Léon Daudet, permettait à ceux qui étaient fonctionnaires de venir en ce quartier de ville, lointain comme une banlieue. Mon père venait régulièrement au Grenier, il en était l'âme et l'attraction. Emile Zola était lui aussi un habitué, quelquefois zézayant des aphorismes railleurs entre les rides de son visage canin, quelquefois susceptible, renfrogné, s'irritant de la moindre contradiction. Il n'aimait pas Goncourt qui ne l'aimait pas, et nous disions en riant que son assiduité avait pour objet d'empêcher, par sa présence, qu'on ne le débinât, dans sa personne ou dans son oeuvre... Il n'était éloquent que sur ce thème : La vieillesse qui vient enlevant aux hommes la faculté d'aimer et d'être aimé. » Et Alphonse Daudet lui répondit en riant : « Fichtre, mon bon Zola, vous nous versez là un pot de cirage... »
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